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POÉSIES DE MON CŒUR (i)

Du genre des mots

(note publiée le 21 octobre 2019)
Le poète est a minima un manieur de mots. Bien entendu, le lecteur pourra remplacer « manieur » par toute autre expression du même tonneau à sa convenance. Là n'est pas le sujet de cette note...

Si j'en parle ainsi, c'est que certains d'entre nous – et j'en fais partie – finissent, à force de jouer avec les mots justement, par vouer une passion à la langue française, bien méritée au demeurant tant elle (la langue française) est en tous points admirable. Pour ce qui me concerne, cet engouement m'amène fréquemment à m'intéresser de près à l'évolution du français, chose fort utile par ailleurs quand on veut lire les poètes d'un passé un peu lointain, aussi à me rendre dans les lieux les plus secrets du français, si j'ose dire, pour en rapporter quelque notion oubliée des hommes... Par exemple : avez-vous entendu parler des mots, comment dire... neutres ?

Je ne suis pas linguiste (et pour ce qui va suivre, je serai infiniment reconnaissant au visiteur qui l'est [linguiste] de me contacter s'il constate, de-ci, de-là, des termes inadaptés et/ou des notions incorrectes : j'aime apprendre) mais je suis logique et un peu agacé par celles et ceux qui maltraitent la langue française sous divers prétextes, la plupart de ces goujats n'ayant d'ailleurs pas besoin de prétexte : leur ignorance leur suffit largement.

En voici un exemple. La notion de genres est à la mode et madame le maire de ma commune met un point d'honneur à se faire appeler « madame LA maire ». À défaut d'être une marque de féminisme un tantinet exacerbé, cette pratique dénote avant tout une méconnaissance du français.

La langue française ne connaît que deux genres. Un nom est féminin ou masculin. Pas de genre neutre en français. Toutefois, certains mots peuvent, je crois, être considérés comme neutres. Je les nomme, faute de mieux (au secours, ami linguiste !) « mots génériques ». C'est le cas de « maire » ou, bel exemple dans le contexte de ce site, d'« auteur » : l'horrible « auteure » est grotesque ; c'est oublier qu'« auteur » n'est pas à proprement parler un mot masculin. Il représente une catégorie de personnes, femmes ou hommes sans distinction (ou n'importe quel genre intermédiaire qui vous convient). Entre parenthèses, « auteure » sent à plein nez son mot bricolé. Quitte à innover, il aurait fallu opter pour « auteuse » ou « autrice », c'est ce qui se fait de mieux en français.

J'entends d'ici les féministes de tout poil hurler que, oui, mais comme par hasard, ces prétendus « mots neutres » sont tous masculins. Ah, croyez-vous ? Pourtant, chère madame qui êtes à la tête de ma commune, je continuerai à vous appeler : « madame LE maire » sinon, je serais dans l'obligation, fort embarrassante, de dire : « Mars est LE planète de la guerre » puisque Mars est, la chose est incontestable, un dieu, pas une déesse. Fort heureusement, « planète » est un mot regroupant les deux genres. Tout comme « maire ». Idem, je ne saurais dire : « Jean Gabin est UN étoile du cinéma », au prétexte que l'étoile en question est un acteur. En conséquence, M. Machin est LE maire de A... tout comme Mme Trucmuche est aussi LE maire de B...

Tiens, je me demande si je n'ai pas là le sujet d'un prochain poème... Bah, c'est toujours ça de gagné !