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POÉSIES DE MON CŒUR (i)
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Le condamné

Dura lex sed lex.
Le feu à l'orient venait juste de poindre,
Un rai clair et brillant s'étira pour atteindre
Le soupirail étroit aux barreaux enchâssés.
Dans la cour raide et droit l'échafaud se dressait.
On poussa l'homme hors de la sombre cellule,
On prit le corridor. L'aiguille à la pendule
Marquait cinq heures trente, aurore au teint rosé...
La sinistre charpente attendait l'accusé,
Il monta sans rien dire et quand tomba la lame,
Comme le souffle expire, alors il rendit l'âme.

L'affaire était ardue et les juges se lèvent,
La cause est entendue ; pourtant brandir le glaive
N'aura finalement jamais su faire naître
La peur du châtiment dedans le cœur du traître,
Ou du lâche assassin. Quand la mort rôde... Las !
Qui a de noirs desseins se rit de l'au-delà !
Il a commis un crime, il périt à son tour,
Pour autant sa victime est partie pour toujours.
Ton geste était légal, bourreau, faucheur ultième
Mais enfin c'est égal : tu as tué quand même.

Le monde est ainsi fait, les hommes sont parfois
Prêts aux pires forfaits et seul le naïf croit
Que la bonté demain peut régner sur la Terre.
Nous sommes des humains, sévir est nécessaire :
Jugeons dans l'équité ceux qui l'ont mérité,
Cherchons la vérité, rien que la vérité,
Faisons du bon aloi la règle désormais,
Qu'on applique la loi sans faillir, certes, mais
Ne jamais plus mourir quand naît l'aube blafarde,
Si l'on cherche à punir, qu'on oublie la camarde.
Davézieux, mercredi 20 mars 2013
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