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La poésie... partout

(note publiée le 25 avril 2024)
J'ai dans mes archives quelques vieux bouquins scolaires, restes d'une époque révolue. Notez bien que je n'en exprime aucun regret. Les choses bougent, c'est ainsi. J'évoque ces vénérables ancêtres car l'un d'entre eux m'a montré que la poésie (si on admet avec moi le vers comme composant essentiel de l'art de Calliope et d'Érato) arrive à se nicher à peu près partout...
La poésie... partout
Considérez le manuel ci-contre. Pas si vieux que ça d'ailleurs, « l'ancêtre » : son dépôt légal date de mars 1973. Ces « Leçons de choses », comme on les nommait jadis – un nom plutôt curieux, étaient destinées aux cours élémentaires, pas encore CE (1 ou 2). Ah, les fameux Classiques Hachette... !

Quand on feuillette ce livre (de 125 pages quand même), on est stupéfait de la quantité d'informations que les têtes blondes des années 70 (et avant) étaient censées retenir. Le chapitre 1 est naturellement consacré à l'automne et l'ensemble du bouquin dégage une délicieuse impression de ruralité que la France semble bien avoir perdue – en partie tout au moins. Puis on aborde au fil des semaines la question des feuilles (celles des arbres, pas celles en papier des poètes), de la pomme, de la châtaigne, du gland (le mal-aimé), de la noix, etc.
La poésie... partout (a) La poésie... partout (af) La poésie... partout (i)
Venons-en à la poésie. Le chapitre 30 : « Fils et textiles » (du groupe : « Le corps humain et sa protection ») contient deux brefs passages qui m'ont ravi. Le premier n'est rien moins que deux jolis octosyllabes, disposés comme il se doit en plus, c'est-à-dire l'un sous l'autre ; le second forme un bel ensemble de 5 + 7 syllabes, soit les deux tiers d'un haïku, autant dire qu'il n'y a plus qu'à imaginer les cinq dernières syllabes... L'image ci-contre à gauche vous livre ces deux perles. Il est fort possible au demeurant, sinon probable, que d'autres « vers » soient disséminés involontairement dans ce livre mais je n'ai pas cherché. Rappelez-vous pourtant : c'est une démarche que je m'étais amusé à faire quand j'ai écrit les « Tranches de vie » de Marie Leucate. Les fils de laine ou de coton
Sont faits de brins tordus ensemble.
Relisez ces deux vers. Ne méritent-ils pas cette appellation ?

Quant au haïku tronqué (qui connaissait les haïku dans les années 70 ?) : On tond les moutons
Chaque année au mois de juin
comment pourrions-nous le finir ? Peut-être, à l'instar du haïku n°263 qui figure dans Haïku & senryû, série 11, en ajoutant simplement la source – qui le mérite bien : On tond les moutons
Chaque année au mois de juin

(Cours élémentaire.)
Comme quoi Philippe Costa, dans son manuel pour écrire des haïku, n'a pas tort quand il dit que l'inspiration peut n'être que secondaire et que le don d'observation compte tout autant, sinon plus. Comme quoi encore, il appert que certains rythmes de la langue française (notamment ceux de 5, 7, 8, 10 et 12 syllabes) semblent être naturellement (quoiqu'inconsciemment) privilégiés même et y compris par les gens qui ne s'occupent pas de poésie.